Seigneurs de Gourdon.

 

  • - Maître, le château de Gourdon est-il encore loin ?

  • - Comment mon jeune ami, seriez-vous donc faible comme un enfant nouvel-né ? Allons donnez-moi votre main mais d'abord levez donc un peu les yeux pour avoir votre réponse.  Guillaumet découvrit alors surplombant le sommets des arbres qui l'entouraient la masse sombre et imposante du château de Gourdon. Il tendit sa main gauche à son maître qui le hissa tel une vulgaire venaison en travers du garrot du cheval. L'adolescent attendait docile la suite de la plaisanterie habituelle à son chevalier dont il était l'écuyer depuis trois ans déjà. L'homme posa sa main gantée sur le bas de son dos. La première fois Guillaumet avait frémi de peur et s'était contracté attendant les coups qui n'étaient pas venus.  Vous voilà mon garçon en bonne posture pour recevoir la correction que mérite votre impudence.

Mais au-lieu de frapper, l'homme de ses deux mains le soulèva comme s'il n'avait pas pesé plus lourd qu'un fétu de paille et l'aida à s'installer dans son dos sur le cul du cheval. Bien qu'il n'ait plus à marcher Guillaumet se demanda s'il n'était pas mieux au sol, heureusement le frison de sire Guillaume avait le pas souple.

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