de mes rêves... à mes ailes...

02 février 2016

Lounie

Jolie Lounie

petite allumette

telle une comete 

tu as trop vite traversé notre vie.

 

 

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31 octobre 2014

la bôite

Lorsque la sonnerie de la porte se fit entendre, Madame Jonhson discutait au téléphone avec Madame Duval qui habitait la maison mitoyenne à la sienne, debout dans l'entrée de sa maison. Elles étaient en train de mettre au point une tactique infaillible pour gagner lors de leur future partie de bridge hebdomadaire qui tombait justement le soir même alors que dans la rue leur enfants déguisés iraient de porte en porte réclamer des bonbons.

Deux ans auparavant Noël était tombé un vendredi soir. Et bien 4 familles dans le quartier n'avaient pas réveillonné.

 

Sans s'arrêter de parler elle ouvrit grand la porte d'un geste agacé et eut l'impression de voir disparaître quelqu'un au coin de sa haie de sapinette.

  • Personne bien sûr, sûrement un de ces sales gosses qui commencent sa journée à enquiquiner les braves gens. Oh mais qu'est-ce cela ?

 

Elle se pencha alors pour ramasser la boîte que son pied venait de heurter. Elle ressemblait sans vraiment y ressembler à ces paquets postaux blancs et jaunes. Dessus en gros elle lut : « si vous l'ouvrez ce sera à vos dépends » son cerveau traduisit : Billy !

 

Prénom qu'elle hurla en rentrant chez elle, refermant la porte à l'aide de son pied, ses deux mains étant pleines. Madame Duval chez elle écarta momentanément le combiné de son oreille en faisant la grimace. « sale gosse » pensa t-elle puis reprit avec son amie la conversation là où elles l'avaient arrêtée, cette dernière s'étant délestée de la dîte boîte sur la table de la cuisine.

Le Billy ne fut pas long à arriver, ayant compris au ton péremptoire de sa mère qu'il devait se dépêcher, abandonnant son amie Margot dans sa chambre. Sa mère lui indiqua la cuisine du menton. Là il ne mit guère de temps à repérer la boîte qui pourtant aurait pu passer inaperçue au milieu des restes de vaisselle, datant aussi bien de la veille que du petit déjeuner que du déjeuner. D'ailleurs Billy en bon adolescent que la faim semble travailler aussi bien le jour que la nuit, se coupa un morceau de pain, enfin la moitié de la dernière baguette tout en détaillant ce qui l'emmenait là. Il ne lut pas son prénom mais la même inscription que sa mère qui se traduisit chez lui par  « cap ou pas cap ? » et d'une main il l'ouvrit. Il resta perplexe devant le vide abysinal qu'il y découvrit autant surpris que déçu il se retourna et fit un pas vers la porte d'où il appela Margot d'une voix aussi puissante que celle de sa mère ce qui fit rouspéter cette dernière.

Margot qui avait eu le temps de se remettre de ses émotions ne se fit pas prier pour descendre le rejoindre. Toujours au téléphone, Madame Jonhson lui indiqua la cuisine de la manière qu'à son fils mais accompagné cette fois d'un soupir.

 

A peine dans la pièce l'adolescente ne vit qu'une chose : une jolie boite rose pailletée dont elle se saisit de suite.

  • oh c'est pour moi ? Billy tu es vraiment trop trop chou. Billy ? Billy, tu es où ?

 

Une demi-heure venait de s'écouler lorsque Madame Jonhson commença à se demander ce que son fils et sa copine pouvait bien fabriquer dans sa cuisine.

  • Tu crois qu'ils pourraient être en train de me faire la vaisselle, gloussa-t-elle fière de son humour.

  • Oh moi j'opterais plus pour d'autres bêtises, vas-y donc voir un peu.

Suivant le conseil de son amie, en deux pas elle se retrouva là où peu de temps auparavant se tenait son fils puis sa copine. Rien n'avait changé dans la pièce sauf que sur la table manquait la moitié d'une baquette et trônait une boîte qui lui fit de suite penser à une sorte de distributeur automatique de cartes à jouer comme ceux qu'utilisent les pros. Pour la première fois de la journée elle s'arrêta de parler et posa le combiné du téléphone.

 

Au début Madame Duval continua à monologuer puis s'étonnant de ne pas recevoir de réponse raccrocha énervée de l'impolitesse de son amie. Mais elle rappela immédiatement pour raccrocher de suite un peu furieuse. La ligne de sa voisine sonnait occupée. A qui pouvait-elle bien téléphoner en dehors d'elle ?

Après avoir vainement tenté de la joindre encore deux ou trois fois, elle fit le numéro de la police à qui elle raconta une histoire abominable où Billy tuait sa mère dans une crise de folie furieuse.

Lorsque la police pénétra au numéro 666 de la rue, la maison était silencieuse seul dans la cuisine posé sur la table au milieu des reliefs de repas, un combiné de téléphone émettait un lancinant biiiiip biiiiiip biiiiiip sinistre.

 

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30 octobre 2014

Halloween

Personnages monstrueux
Calembours et jeux
Halloween revient
Et partout sur les chemins
Potirons et citrouilles
Peuplent nos vadrouilles
En terreur on se maquille
Pour terroriser la Ville.

 

Hélène des Landes

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Maya

-Maya, Maya, regarde le déguisement que Maman m'a cousu.

 

Devant moi une sorte de mélange de chat et d'oiseau, effectuait une sorte de danse nuptiale, ouvrant et fermant des ailes bariolées tout en tournant sur lui-même, projetant sa longue queue noire comme les moustaches peintes sur le petit minois.

 

-Tu es très belle.

-Tu es sûre de sûre ? Tu sais ce que je suis ?

-Oui tu es une chimère comme dans Percy Jackson.

-Et toi tu te déguises en quoi ?

-Surprise ! Tu verras bien ce soir.

-C'est Maman qui te l'a cousu aussi ?

-Non ma chérie suis assez grande pour le faire moi-même.

-Pourquoi tu ne viens plus chercher des bonbons avec moi ?

-Ça aussi, suis trop grande maintenant pour ça aussi.

-Mais Clara c'est Maxime son grand frère qui l'accompagne et, il est plus vieux que toi. Au nom de Maxime, mon cœur se serra, des cheveux châtains bouclés lui retombant sur les épaules qui rejetait en arrière d'un geste nonchalant. Des yeux de la couleur de ces lagons dont les agences touristiques se servent pour achalander leurs clients, une bouches... Maya, oh Maya !

-Ce n'est pas pareil tu le sais bien, il n'a pas le choix lui, leur mère travaille et c'est lui qui est obligé de s'occuper de sa petite sœur.

-Oh et puis fais comme tu veux mais puisque tu n'es pas sympa, je ne te donnerai aucun de mes bonbons, na !

-Même pas un ?

-Non !

-Même le plus petit ? Un que tu n'aimes pas ? Que t'auras déjà sucé et remis dans le papier discrétos.

Elle me tira la langue et disparut dans le couloir. Je me replongeais dans mes écrits.

-Maya,nous partons, les bonbons à distribués sont à côté de la porte. A tout à l'heure ma fille, je t'aime !

-Moi aussi Mamounette !

 

La porte de l'entrée claqua. Je descendis donner un tour de verrou. Voilà j'étais seule. Il me restait plus ou moins une heure, je devais faire vite.

-Et bien te voilà avec une sacré réserve de bonbons et Madame Calembert t'a bien gâtée avec cette sucette géante. Accepteras-tu de partager un tout petit peu avec nous ?

-Avec Papa et toi oui, avec Maya, non !

-Allons, moi je suis sûre que oui. Mais en parlant de ta sœur, sais-tu ce qu'elle nous prépare ?

La gamine secoua la tête pour répondre la bouche beaucoup trop pleine de chamallows pour pouvoir articuler la moindre parole.

 

Des gyrophare bleus émettaient une lumière fantomatique se reflétant sur les façades des petites maisons entourant la placette au fond de l'impasse où se dressait leur maison. Une foule composée de monstres en tout genre, de vampires, sorcières ou gentils petits lapins roses étaient contenue par un cordon d'hommes en bleus. Tous se bouchaient les oreilles pour ne pas finir sourd à cause de l'effrayant rire qui se faisait entendre semblant monter du sous-sol de leur maison. Juste au-dessus de la porte d'entrée un grand mannequin recouvert d'un drap blanc pendait, suspendu par le col à l'avancée du toit. Du bout de ses doigts gouttait un liquide rouge et poisseux dont le macabre décorateur s'était servi pour imprimé des marques de mains sur le drap blanc et la corde.

 

-Madame Colbert, pourriez-vous mettre fin à ce vacarme s'il-vous plaît ? C'est Halloween mais il y a une limite à tout.

-Vous avez sonné ? Ma fille Maya devrait être à l'intérieur.

-Il semblerait qu'elle ne nous entende pas.

 

A côté de la porte, le très grand bol ne contenait plus que quelques papiers de bonbons vides. D'ailleurs on pouvait suivre la trace du ou de la consommatrice avec ceux laissés tomber à terre. Il y en avait un sur chaque marche d'escalier puis sur le palier, ils dessinaient un mot : « adieu  » sur le sol de minuscules tâches vermeilles partaient de la salle de bain où le vieux rasoir du grand père traînait au sol, et s'égrénaient jusqu'aux escaliers du grenier.

 

Le policier se jeta en arrière redescendant les escaliers en hurlant dans son talky walky d'emmener une grande échelle et d'appeler une ambulance, même si au fond de lui-même il savait pertinemment qu'il était trop tard.

 

Sur l'oreiller de Maya, une feuille de papier pliée en deux.

 

« Le rire c'est celui de Maxime. »

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25 décembre 2010

biberon

  • - Tu te lèves ?

- Oui j'ai entendu du bruit en bas.

Le réveil m'indique qu'il est quatre heures. La porte des filles est entrouverte. Nos deux dernières dorment sagement.

Je n'ai pas à descendre, l'origine du bruit perçu monte vers moi.

Coincés entre son bras gauche et son torse, deux bébés aux yeux grands ouverts me sourient dès qu'ils me voient. Je leur tends les mains. Ils s'agitent et gazouillent.

- Chut les monstres, il y en a qui dorment.

- Ils ont encore un biberon la nuit ?

- Parfois même plusieurs.

- A presque six mois. Ils devraient faire leurs nuits. Je viens avec toi je vais m'occuper d'un des deux.

- Non Maman c'est gentil mais vas te recoucher. Je commence à avoir l'habitude tu sais.

 

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chevalier de Gourdon

Seigneurs de Gourdon.

 

  • - Maître, le château de Gourdon est-il encore loin ?

  • - Comment mon jeune ami, seriez-vous donc faible comme un enfant nouvel-né ? Allons donnez-moi votre main mais d'abord levez donc un peu les yeux pour avoir votre réponse.  Guillaumet découvrit alors surplombant le sommets des arbres qui l'entouraient la masse sombre et imposante du château de Gourdon. Il tendit sa main gauche à son maître qui le hissa tel une vulgaire venaison en travers du garrot du cheval. L'adolescent attendait docile la suite de la plaisanterie habituelle à son chevalier dont il était l'écuyer depuis trois ans déjà. L'homme posa sa main gantée sur le bas de son dos. La première fois Guillaumet avait frémi de peur et s'était contracté attendant les coups qui n'étaient pas venus.  Vous voilà mon garçon en bonne posture pour recevoir la correction que mérite votre impudence.

Mais au-lieu de frapper, l'homme de ses deux mains le soulèva comme s'il n'avait pas pesé plus lourd qu'un fétu de paille et l'aida à s'installer dans son dos sur le cul du cheval. Bien qu'il n'ait plus à marcher Guillaumet se demanda s'il n'était pas mieux au sol, heureusement le frison de sire Guillaume avait le pas souple.

  • -

 

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dessine-moi un avion

Chap 2

 

Manon ne dormait plus depuis un moment. Dans la chambre mitoyenne à la sienne, elle entendait son père et sa mère se disputer. Sans un bruit elle s'habilla, mit dans son petit sac Barbie son carnet à dessin et des crayons puis descendit.

Dans la cuisine son frère déjeunait. Totalement absorbé par le jeu sur sa console portable. Il n'entendit même pas la porte d'entrée s'ouvrir et se fermer.

A l'arrêt de bus Manon n'attira pas plus l'attention que ça. Ele n'avait pas de billet mais elle savait que les enfants de moins de six ne payaient pas. Elle grimpa sur la plateforme derrière la première place assisse sur le côté droit du bus. Une femme rouspéta qu'elle mettait les pieds sur son manteau. Manon s'excusa.

- Suis désolée madame mais je n'y vois rien...

Pas facile d'être une petite fille de six ans. Elle avait plusieurs fois le voyage avec Maman pour aller voir Papy, il lui suffisait d'écouter sa mémoire. Elle descendit du bus et prit le métro en se glissant devant un jeune homme que cela amusa.

Lorsqu'elle remonta à la surface, elle fut contente de voir la vitrine de son magasin de jouets préféré. La maison de Papy n'était plus très loin.

Même sur la pointe des pieds, elle n'arrivait pas à sa sonnette. Mais quelle idée d'habiter au dernier étage ! Manon sourit en se rappelant son dernier anniversaire où ses parents l'avaient autorisée à rester toute la nuit avec ce vieux fou comme disait l'oncle Michel. Elle et Papy avait passé la nuit à observer les étoiles et elle avait vu sa première étoile filante et se souvenait parfaitement de son voeux.

Manon appuya sur la sonnette la plus basse.

- Oui, c'est pourquoi ?

- C'est Manon, je viens voir mon Papy.

- Manon ? Ton Papy ? Et c'est qui ton Papy ?

- C'est monsieur Maréchal.

- Monsieur Maréchal mais il est parti au ciel.

- Ah merci Madame.

 

 

 

 

 

 

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06 octobre 2010

corbeille vermeille

Fleurtant avec le raisin vermeil

Notre petite abeille

A mis avec son miel

Un rayon de soleil

Au fond de notre corbeille...

 

Ln des Landes

La_corbeille_de_raisins_bois_45x65cm_426

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converses...

Ces chaussures sur mes pieds

Me rendent fou à lier

Elles me racontent

Love Story

Elles me chantent

West Side Story

"Maria, Maria, Maria..."

Ah ! que j'aime ça !

Elles me transforment en James Dean

En complétant mes jean's

Je redeviens le petit enfant

Courant après son gros chien blanc.

 

Ln des Landes

061020101728

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Puma

Puma

Emmène-moi là-bas

Joue les bottes de sept lieues

Pour un caïd des banlieues

Transforme-moi en courant d'air

Ou en prince des airs

Quand tu bouges

Je quitte ce bouge

Puma joli félin

Sans dessein

Trace mon destin

Et en rouge et blanc

Ferme le ban !

pisa2

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29 septembre 2010

l'enfant au rosier

Helene Cremieux

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l'enfant au rosier

par Helene Cremieux, mardi 28 septembre 2010, à 17:21

Réponse à un

 

Il ne faisait beau et chaud que depuis deux jours comme si la météo avait attendu que les enfants soient enfin réellement en vacances pour se faire clémente.

Enfin seule avec ma montagne de copies du bac à corriger je décidai de m'installer dans le jardin à l'abri de notre tonnelle de glycine et de jasmin que je laissais m'enivrer par leur odeur entêtante.

Je m'étais préparée une grosse théière de mon thé préféré directement importé d'Orient à la rose et au jasmin, pour me donner du coeur à l'ouvrage qui me paraissait en cette matinée ensoleillée comme une véritable torture et j'aurais bien tout balancé pour rejoindre enfant et mari au bord de l'Océan. Mais le devoir passait avant la récompense.

On nous avait bien sermonnés : tenez compte des idées et de la capacité de l'élève à traduire par écrit ses idées et à les formuler selon les codes établis et surtout de ne pas trop tenir compte des éventuelles fautes de français justement parce que nous n'étions pas professeurs de français mais de philosophie.

Je m'appliquai donc, stylo vert pour l'orthographe, bleu pour souligner les bons passages et rouge pour les erreurs grossières.

- Madame votre rosier végète !

Surprise je levai la tête et regardai autour de moi mais non ! J'avais du rêver.

- Madame votre rosier végète !

Cette fois je me levai et découvris un petit garçon aux culottes de flanelle et chemise blanche, plutôt mal peigné, assis sur les talons, les mains sur ses genoux, le menton posé dessus, observant en silence le seul rosier de notre jardin.

Cadeau de ma belle-mère, mon homme l'avait consciencieusement planté de façon à ce qu'il soit visible des fenêtres en prévision des éventuelles visite de l'auteur de ses jours. Nous l'avions oublié dès le lendemain et depuis trois ans, il survivait cahin caha.

- Mais tu sors d'où toi ?

- Je ne comprends pas ! Pourtant tout le reste de votre jardin n'est que verdure resplendissante de vie. Je ne comprends pas !

- Bonjour jeune homme !

- Jeune homme ? Ah oui ! bonjour madame. Vous avez un bien beau jardin. Il me sourit et j'eus l'impression qu'un léger souffle d'air chaude venait de me passer dans le cou comme une douce caresse. J'espère que nous ne vous avons pas fait trop peur mon escorte et moi.

- Ton escorte mon enfant ?

Mes yeux fouillèrent les sous-bois tous proches à la recherche d'éventuels hommes en armes et en armures.

- Ma panthère : Stiva ! Où es-tu encore petite coquine ?

Du bosquet voisin apparut alors l'animal, marchant en silence, plus noire que la nuit, des crocs blancs et luisants comme des pics de glaces au coeur d'un foyer de braise, s'avança vers moi. Terrorisée je n'osai bouger. Lentement, feulant faiblement elle me renifla en me tournant autour puis se frotta à moi comme un gros chat l'aurait fait à sa maîtresse quémandant quelques caresses. Sans que je ne puis m'en empêcher mes doigts glissèrent sur ce pelage plus doux que de la soie.

- Et vous venez d'où comme ça ?

- Oh ! mes parents ont loué une maison pour quelques semaines. Ma mère passe son temps à chanter des airs d'opéra devant son minuscule bac de plantes aromatiques en espérant les voir grandir et mon père passe son temps à lire au creux de son fauteuil, alors je me promène.

La grosse bête alla s'asseoir à ses pieds sa tête exactement à la même hauteur que le petit visage brun de l'enfant qu'elle nettoya d'une coup de langue amical. Son rire cristallin explosa dans le silence de mon boudoir végétal.

Bien que nous soyons déjà en début de saison touristique où la population de notre village passait de 500 âmes à plus de 5000 cela m'intrigua de ne pas avoir entendu parler d'eux. Un tel couple ne devant pas facilement passer inaperçu.

- Et tu t'appelles comment ? Tu as quel âge ?

- Terence madame pour vous servir, quant à mon âge, je ne m'en souviens jamais, mais cela a-t-il vraiment de l'importance ? Il me sourit à nouveau. Ses yeux semblait du même or pur que ceux de son gros chat. Madame sachez que vous êtes très jolie, mille fois plus que vos deux voisines et bien plus gentilles.

Il se tourna alors vers le rosier sur les épines duquel il laissa glisser ses doigts puis partit en courant vers le portail. Curieuse de voir la réaction des gens de la rue devant cet équipage, je les suivis. Mais lorsque j'arrivai sur le trottoir, ne s'étendait devant moi que la cohue habituelle des touristes se dépêchant vers la plage ou baguenaudant devant les divers chalands de saison.

 

 

Je sursautai lorsque Pierre posa sa main sur mon épaule.

- Bonsoir mon amour. Nos deux enfants sont couchés et tu devrais faire de même car tu sembles épuisée. As-tu passé un bonne journée ? Es-tu au courant de ce qu'il s'est passé dans la maison d'à côté ? Je secouai la tête, arrivant avec mal à émerger de mon rêve. Nos deux désagréables voisines ont semble-t-il été égorgées. Les seules traces laissées par leurs agresseurs seraient celles d'un enfant d'une dizaine années et d'un gros chat. Certains parlent même de vampires. Bizarre, non?

Pourquoi donc mes yeux alors ne purent se décrocher d'une petite goutte de sang écarlate aux reflets dorés sur une des épines du rosier qui semblait avoir doublé de volume et présentait des fleurs d'une taille extraordinaire.

 

Ln des Landes

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16 septembre 2010

mirage

Mirage Oh petit mirage !
Tu n'es pas très sage
A saute-mouton
Tu joues dans les nuages
Mirage Oh mon mirage !
Tu tournes en rond
Petit poisson
Bordé d'écume
Tu es l'amant et la muse de ma plume !

Ln des Landes

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lavie en rose

Une fois de plus ce que je vois en premier, en me réveillant, c'est le tatouage au creux de son cou. Comme d'habitude, je ne peux m'empêcher de le caresser, de l'embrasser bref de la réveiller et ce qui suit n'est pas d'à propos ici. Enfin voilà !

Dans quinze jours c'est son anniversaire et je ne sais pas quoi lui offrir. Un bijou encore ? Non j'en ai marre qu'elle ne les porte pas. Un parfum ? Elle a le sien propre, unique que je reconnaîtrai même lorsque je serai mort. Un livre ? Non, elle se les achète elle-même et nous n'avons pas les même goûts littéraires. Un vêtement ? Non, je la préfère toute nue et puis elle ne porte que les miens... autant en acheter pour moi...

Mais ce matin là, ce petit tatouage, héritage ou plutôt souvenir d'un temps où nous nous étions perdus de vus et représentant tout son amour pour moi, m'inspire. Et si je lui offrais un tatouage ? Mais sur moi cette fois. Un tatouage qu'elle découvrirait le soir de son anniversaire comme un cadeau que l'on déballe. Cette idée me plaît. Non pas que je sois fan de ce genre d'art. De plus le grand mâle macho que je suis, n'aime pas souffrir et j'avoue avoir un peu peur. Et puis que vais-je me faire dessiner sur la peau. Une lettre comme elle ? Sympa et efficace ? Non trop sérieux, pas assez romantique pour moi.



Depuis deux jours, je suis de l'autre coté de la France et je ne la reverrai que le jour de son anniversaire. Au téléphone, je lui annonce que je lui rapporterai un cadeau très spécial. Elle veut savoir quoi et me starquizze quelques temps puis change de sujet. Je sais qu'à chaque fois que nous nous reparlerons au téléphone elle essayera de savoir. L'idée qu'elle cherche m'amuse, sa surprise n'en sera que plus grande.



J'ai repéré LE magasin. C'est un collègue qui s'y ait fait tatoué un aigle immense qui me l'a indiqué après m'avoir montré l'oeuvre d'art qui lui tient tout le dos. Un aigle royal, les ailes à moitié ouvertes sur fond de drapeau américain. Je m'extasie hypocritement devant ce qui me semble être une stupidité sans nom. Enfin c'est son corps pas le mien.



- Bonjour ! Que puis-je pour vous ?

- Bonjour ! J'aimerai me faire tatouer.

L'homme sourit. Il en a le droit, je ne dois avoir l'air stupide de dire ça en entrant dans cet atelier spécialement consacré à ça. Enfin !

Je lui explique le genre de dessin que je désire. Il me questionne sur mes motivations et me répète plusieurs fois qu'un tatouage cela ne peut s'enlever qu'avec une opération chirurgicale. Je ne le sais que trop. Mais bon le tatouage que je veux, fera au maximum dix centimètres. J'hésite sur l'emplacement. C'est vrai que sa grande visibilité m'ennuie. Il me propose de me le faire sur la fesse. Hum... non, merci !

Il me demande de me mettre torse nu et sans hésiter me montre mes biceps. Là, à droite ou à gauche. Je choisis à gauche étant du côté du coeur.

Moi, je pensais juste au dessus du coeur, sur la poitrine...

- Non, là cela ferait décoration militaire, médaillé du champs d'honneur. Ce n'est pas votre style. Trop ostentatoire. Le biceps je vous dis.

Je me rends à ses arguments. Il me donne rendez-vous deux jours plus tard, il veut que j'ai le temps de réfléchir et de bien faire mûrir ma décision. Je le trouve très professionnel, j'apprécie.

Les deux jours passent. Me voilà assis sur son fauteuil qui ressemble à celui d'un dentiste.  Il est très confortable, on y piquerait volontiers un petit somme mais la brûlure des aiguilles dans la chair m'en empêcheraient à coup sûr. C'est parti, je souffre en silence, je m'efforce même de sourire, de blaguer avec lui.

Pendant qu'il travaille, trois jeunes femmes entrent dans la partie boutique, il m'abandonne momentanément pour les renseigner. Un papillon au creux des reins pour l'une, une chaîne autour d'une cheville pour l'autre et une petite araignée entre les omoplates pour la troisième. Je me dis que j'ai la chance que Catherine n'ait pas eut cette idée stupide, je l'aurais forcé à porter des teeshirts pour dormir.

- Ce n'est pas beau les araignées, pourquoi pas une rose à la place ? Ou un petit dragon ?

Ils sont tous les quatre surpris de m'entendre. Les trois filles discutent entre elles en me regardant. En face de moi, une horloge avec une super harley affiche un temps qui passe et je commence à avoir hâte de m'en aller. Les filles demandent à pouvoir le regarder travailler, il me demande mon accord. Je le lui donne. Bientôt il me laisse partir. Le tatouage n'est pas fini. Il ne m'a fait que les contours. Demain soir il le remplira et le colorera. Les filles sont toujours là, je leur propose d'aller boire un verre. Malheureusement elle sont toutes mineures. Ce soir je dormirai seul dans ma chambre d'hôtel.



La moto à peine garée au pied du chalet je vois l'astre qui illumine mes jours s'approcher. Il est déjà très tard, ils sont déjà à table. Elle commençait à s'inquiéter. Bien sûr c'est un repas de fête. Ses parents sont là pour l'occasion et c'est son père qui s'est chargé du gâteau : un gros vacherin comme elle aime. Il a écrit dessus son âge en macaron en forme de quatre et de zéro. Elle minaude et râle pour le principe. On affiche pas ainsi l'âge d'une femme. Je lui dis qu'elle ne les fait pas de toute façon.  Elle est à mes yeux et aux yeux de beaucoup d'hommes que je vois souvent se retourner sur son passage aussi belle qu'à ses vingt ans. Je suis toujours aussi amoureux d'elle.

- Oh bonhomme et il est où le cadeau pour ta femme ?

- Papa ! C'est le cadeau d'un mari à sa femme, je le lui offrirai lorsque nous serons seuls tous les deux.

Quelques murmures s'élèvent. Je me demande ce qu'ils s'imaginent mais en fait je préfère ne pas savoir. Elle me sourit.

- Alors j'ai hâte d'être à tout à l'heure.

La soirée se prolonge. Il fait chaud dans le salon, en temps normal je serais déjà en teeshirt mais stoïque j'attends.

Les enfants sont couchés, je débarrasse les bouteilles de champagne, elle met en route le lave-vaisselle puis m'entoure de ses bras, collée à mon dos.

- Et si nous montions déballer mon cadeau ?

- Tu es sûre que tu en as envie ? Tu sais que ce n'est qu'une bêtise.

- J'aime tes bêtises. Enfin pas toutes mais celles que tu réserves à notre usage unique ont ma préférence.

Je retarde l'échéance en l'embrassant longuement au milieu de cette cuisine froide que j'ai plongé dans l'obscurité. Elle frissonne, se dégage et me tenant par la main m'entraîne vers les escaliers.

- Bonne nuit !

A leur habitude, Richard et son père sont les derniers levés, fumant une ultime pipe devant une partie d'échec.



- Bon alors ce cadeau ? Il est où ?

- Sur moi, à toi de le trouver.

Ses mains plongent dans mes poches et les vident.

- Il n'y a rien.

- J'ai dis sur moi, pas dans mes vêtements.

- Oh !

L'effeuillage commence. Ce qui m'amuse et m'arrange, c'est qu'elle commence par le bas. Lorsqu'enfin elle m'ôte le teeshirt je la sens déçue de n'avoir rien trouvé puis ses yeux découvrent l'objet de ses recherches. Ses doigts le caressent doucement, ses  lèvres le parcourent et l'embrassent.

- Oh que c'est joli, voilà un bijou que je montrerai avec fierté. Mais pourquoi une fleur ?

- Pas n'importe laquelle ! Le message qu'elle te délivre c'est qu'avec toi je vois la vie en rose !

Ln des Landes

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08 juin 2010

héliciculteur

J'ai trente ans.

Je viens de réaliser que le temps a passé avec la force et la vitesse d'une tornade, emportant tout avec lui, et surtout mes peurs et angoisses d'enfant.



Depuis déjà un mois me voilà de retour dans mon village d'origine, posant au hasard d'une mutation, momentanément mes valises au sein de la maison familiale où déjà plus de six génération de vrais landais se sont succédés. Et j'en suis l'avant dernier représentant et avais bien failli en être le dernier .



La semaine dernière en passant devant l'hôpital Layné au centre de Mont de Marsan, mon coeur s'était arrêté. Enfin pas vraiment puisque je suis encore là pour vous le raconter. Ma fille assise à côté de moi s'est inquiétée en me voyant blanchir d'un coup.

- Papa qu'est-ce qui t'arrive ?

- Tu vois ce bâtiment, juste derrière cette grande cheminée de briques rouges ?

- Oui et alors ? C'est l'hôpital où Papé est mort c'est ça ? Et où tu n'as pas voulu  venir ?

- Oui parce qu'il y a vingt de ça, un médecin en blouse blanche a dit à la maman d'un petit garçon de dix ans qu'il n'avait plus qu'un mois à vivre. Et ce petit garçon l'a entendu. Et tu sais c'est terrible d'entendre ça !

- C'était toi ce petit garçon ?

- Oui.

Elle voulut bien sûr que je lui raconte toute mon histoire mais je réussis à lui faire patienter jusqu'au soir et là et bien, j'ai honte à le dire mais je me suis défilé, je n'ai pas pu. Oh elle a dû m'en vouloir mais ma femme lui a sûrement raconté à ma place car elle ne m'en a plus parlé.

Nous étions en période de fêtes de Noël et à la base, ils demandaient des volontaires pour une visite aux enfants hospitalisés. Il n'y eut pas assez de volontaires donc une fois de plus ce furent des volontaires d'office qui furent désignés et étant l'un des derniers arrivés, j'en fis parti et là pas moyen cette fois de me défiler.



Les enfants nous attendaient avec impatience dans la vaste salle leur servant autant pour la classe que pour leurs jeux. J'avais du mal à avancer. Cela avait changé mais si peu. La couleur des murs, certains dessins. J'y étais si peu venus moi-même.

D'abord intimidés, bientôt certains de ces enfants s'assirent sur nos genoux, une petite fille nous offrit des dessins à chacun. Elle traînait derrière elle une hampe avec des poches de perfusion, sa maigreur me faisait peur, avais-je été si maigre ?

Une infirmière nous attira mes trois collègues masculins et moi un peu à l'écart.

- Messieurs j'aurais besoin de l'un de vous pour aller voir un garçon qui n'a pas pu se déplacer. Mais attention vous ne pourrez lui parler qu'à travers une vitre, il vient de subir une greffe du dernier espoir mais malheureusement celle-là ne semble pas avoir prise.

- Je veux bien.

Ma voix me surprit. Etait-ce bien moi qui venait d'accepter ?



- Hello boy !

- Salut !

Il tourna la tête vers moi. Un petit visage aussi blanc que l'oreiller sur lequel il reposait. Des yeux bleus aussi clairs que les miens pouvaient être noirs. Ce que j'y lu ce fut le renoncement.

- L'infirmière là-bas m'a dit que le moral n'était pas au top.

- Elle voudrait quoi que je saute de joie ? De toute façon, je ne pourrais pas. Plus la force. Hier le toubib m'a annoncé que la greffe avait foiré, que tout était à recommencé, trois fois déjà, j'en peux plus, je veux qu'ils arrêtent.

- Non tu ne dois jamais renoncer. J'ai été à ta place il y a vingt ans, la même chambre, le même lit et tu vois, je suis là. Moi aussi j'ai compté les jours après les greffes mais jamais, jamais, je n'ai voulu renoncer.

Il se redressa légèrement sur un coude puis se laissa retomber.

- Je ne te crois pas.

- Tu demanderas aux infirmières, il doit y avoir des archives et peut-être l'une d'elles se souviendra d'un petit Arnaud qui a pleuré pendant des jours et des nuits parce que sa maman lui manquait. J'avais dix ans.

- Moi j'en ai quinze depuis une semaine et ça fait deux ans que je suis là. Tu as eu du cul, moi, je n'en aurais pas.

Il ne me regardait déjà plus. Je continuai à lui parler, je lui racontai les souvenirs qui remontaient à la surface. Bientôt moi-même, je ne le regardais plus ou plus exactement je ne le voyais plus. C'était moi que je voyais à sa place. Je me vis ce soir de Noël découvrant mes cadeaux sous les yeux de mes parents séparés par cette maudite vitre. J'avais voulu des maquettes pour passer le temps. Que les infirmières avaient fait tremper intégralement dans de l'alcool avant de me les faire passer. Du mode d'emploi que mes parents avait fait plastifier pour qu'il puisse être désinfecté lui aussi. Je l'ai retrouvé au fond du grenier à la mort de mon père lorsque nous avions vidé la maison. Ces avions qui une fois construits, ont longuement volé à travers mon imagination et me permettaient de m'échapper de mon aquarium.

- Ah toi aussi tu appelais cette chambre ton aquarium ?

- Heu oui.

Je lui souris. Il se mit à m'interroger sur ma leucémie, sur mes greffes, mes rechutes puis ma guérison. Je vis une lueur s'allumer dans ses yeux et un maigre sourire naître sur ses lèvres fines.

Une main se posa sur mon épaule.

- Arnaud nous y allons.

- Ok ! Je reste, je n'ai pas fini.

Ma collègue ne me répondit rien et s'éloigna son regard fixant le sol. C'est en voyant l'infirmière se préparer dans le sas de la chambre pour entrer lui apporter son plateau repas que je réalisai depuis combien de temps je parlais avec lui. Je ne le regrettai pas.

- Fabien je vais devoir te quitter mais je reviendrai, je te le promets. Tiens juste comme ça tu veux faire quoi plus tard ?

- J'aimerai devenir héliciculteur.

- Chouette fun comme métier. A plus garçon.

En passant devant le box des infirmières je m'arrêtai.

- Vous saviez qu'il voulait devenir héliciculteur ?

- Heu non. C'est quoi cette bête ?

- Et bien je ne sais pas non plus. Tenez, donnez lui ça de ma part.

Je déposai dans la main de l'infirmière mon insigne de pilote. Elle sourit.

- Je le fais stériliser et je le lui donne. Au fait je vous ai entendu, c'est vrai tout ce que vous lui avez raconté ?

- Oui. J'ai vécu deux ans enfermé à sa place.

A peine sorti de l'hôpital j'appelai ma femme et lui demandai de venir ma chercher. Incapable de rester immobile, j'avais fait à pied la moitié du chemin avant qu'elle n'arrive.

- Bonsoir mon amour. Tu sais toi ce que c'est un héliciculteur ?

- Oui un éleveur d'escargot, pourquoi ?

- Un gamin qui m'a dit vouloir faire ça plus tard.

Noël serait là dans dix jours. La vie, ma vie m'emporta de nouveau dans son tourbillon.

Le 25 au matin lorsque mes gamins eurent chacun déserté le salon pour sa chambre, je délaissai mon foyer pour diriger mes pas vers l'hôpital. Dans le coffre de ma voiture, un gros carton.

L'infirmière fut surprise de me revoir.

- Oh c'est quoi ce carton ?

- Du travail pour vous !

Elle sourit, amusée.

- Vous trouvez que l'on en a pas assez ?

- Celui là je sais que vous serez d'accord pour le faire, c'est un cadeau à faire stériliser pour Fabien. Voyez je l'ai laissé en plusieurs parties ce sera plus aisé pour vous. Je commençai à sortir l'aquarium, le sac de terre, les graines de laitue et de batavia et les précieux oeufs d'escargots que j'avais eu tant de mal à trouver. Mais dans mon plaisir je n'avais pas fait attention au mouvement de recul qu'elle avait eu.

- Mon capitaine, Fabien …

- Oui Fabien.  Je réalisai alors sa main sur mon bras, son regard triste. Elle n'eut pas besoin d'en dire plus, j'avais compris. Non ! Non ! Ce n'est pas possible quand ? Et  moi qui ne suis pas revenu...

Je remettais tout dans le carton lorsqu'elle m'arrêta.

- Si vous êtes d'accord, laissez-le nous pour les autres enfants. Ils seront ravis. Nous les appelleront les Fabiens en son souvenir.

Je crois que peu de morts m'ont autant marqué que celle-ci.

Neuf moi plus tard nous offrîmes une petite soeur aux deux grandes et nous l'appelâmes Fabienne !





Ce pilote existe vraiment... il n'a plus trente ans et n'est pas landais, mais ses récits m'ont beaucoup inspirée...

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30 avril 2010

le ballon rouge

Le ballon rouge



La tête posée sur mes bras croisés, les pieds écartés bien à plat sur le sol, je me laissais bercer, porter par le gros ballon rouge que Richard avait gonflé au milieu de la pelouse.

Je m'étais levé tard à mon habitude, je me retrouvais seul, les autres étaient tous partis ou vaquaient ailleurs à diverses activités. D'humeur mélancolique, je rêvais au soleil.

D'un mètre de diamètre, le ballon sentait le caoutchouc chaud, la terre et l'herbe coupée. Entre le soleil qui dorait mon dos nu et lui chaudement moelleux je m'imaginais des rêves de désert, de voyage à dos de chameaux. J'étais un méhariste perdu, en proie à des mirages.

Une main vint me plaquer le visage contre la surface chaude. Je tressaillis mais ne réagis pas. Large et chaude elle aussi, sa paume bloquait ma nuque. Je fus tenté de mordre le doigt que je sentais sur ma joue.

- Qu'a-t-il fait encore ? Veux-tu une bonne ceinture en cuir Rémy ?

Je laissais pendre mes bras le long du gros corps ventru du ballon en signe de soumission. Je n'ouvris pas les yeux, je n'avais pas peur. Je savais que je ne risquais rien. C'eût été mon père, je me serait débattu, j'aurais essayé de me dégager, en proie à une peur panique.

- Je ne lui fais apparemment pas très peur.   Il me lâcha. Je levais mon visage vers lui avec l'intention de lui sourire mais le soleil m'éblouit et je le résultat fut une abominable grimace.  Qu'est-ce qui t'arrive garçon pour ne pas être plongé au coeur d'un de tes livres ? Aurais-tu déjà lus tous ceux de la bibliothèque du chalet ? Serais-tu malade ? Ou est-ce l'absence des filles qui te rend triste ? Si c'est cela, ne t'inquiète pas, elles seront bien assez tôt de retour pour que vous puissiez reprendre vos continuelles disputes.

Je secouai la tête. Je ne savais que répondre. Peut-être la grosse chaleur, peut-être mes dernières lectures qui avaient remplient mon âme de destinations lointaines et d'horizons exotiques.

Les trois hommes s'éloignaient déjà vers la maison quand mût par une envie soudaine, je saisis la grosse boule chaude et la projetai dans leur direction. Papy toujours à me surveiller, peut-être plus familier que les deux autres aux soudaines idées bizarres qui peuvent traverser l'esprit d'un ado, s'écarta à temps mais Rémy prit le ballon dans le dos. Richard se mit à rire, récupéra le ballon et me le renvoya. Rémy quant à lui un peu vexé, me courut après me menaçant des pires représailles.

Le break contenant toutes les femmes de la maison fut accueillit par un jet d'eau issu du tuyau d'arrosage dont je me servais pour me défendre contre les attaques de Richard et Rémy. Malheureusement pour Sylvie, elle ne l'avait pas prévu et s'en sortit trempée ce qui me valut huit adversaires de plus.

Envolée ma brusque mélancolie.

Ln des Landes

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29 avril 2010

Le MAL

Cloaque funeste
Relent de peste
J'irradie la douleur
J'ensemence le malheur
Lentement j'avance
Lentement je m'élance
Longuement je m'étends
Longuement je me répands
Nul havre de paix
Chacun en est le relais
Poison délétère
Menace que tout réitère
Un animal immonde
Dévorant le Monde.

Ln des Landes

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odeur de peur

J'enterre mon coeur
J'enterre ma rancoeur
Vie sans valeur
Je la laisse sans heur
Je deviens conspirateur
Expirant avec ardeur
L'empreinte de la peur
Onctueuse sueur
A la suave odeur .

O

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la vie à crédit !

Je suis maudit
je vis à crédit
Pour ce don  de vie
Je n'avais pas lu le devis
C'est cash et sans condition
Mais je casse la malédiction
Je refuse la dette
Même si je dois prendre perpette...

R.W

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26 avril 2010

Je te renvoie à Caliste

Illustre non inconnue
Au petit coeur d'ingénue
Que vas-tu encore imaginer ?
Pourquoi continuer à me dessiner ?
Ne trouves-tu d'autres modèles ?
A ton coeur plus fidèle ?
Hé ! Toi ! L'artiste !
Je te renvoie à Caliste
La femme est à l'esthétique
L'homme à la trique
Je ne veux détruire tes rêves
Simplement une trêve
Pour apaiser ma vue
Blessée par tes dessins trop crus
Qui damnent les yeux des damoiselles
Rêvant de ne plus être pucelles
Et choquent ceux des damoiseaux
Effrayés par ce bel oiseau.
Quoique nous ayons fait
C'est devenu pour moi un méfait
Qui me remplit de regrets
Et je te serai gré
De voir en moi ton admirateur
Et non comme ton démonstrateur !

R.W









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l'andouiller

Je n'ai pas revu mon andouiller
Pas revu ce fier cavalier
J'aurais voulu le caresser
J'aurais voulu sans le blesser
Sans lui ôter sa liberté
J'aurais tant voulu le flatter
Avec lui me lier d'amitié !

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Posté par seuleseulesseule à 08:25 - - Commentaires [1] - Permalien [#]